Cannes 2007/UN CERTAIN REGARD/ "Actrices" de Valeria Bruni-Tedeschi + "La Visite de la fanfare"

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UN CERTAIN REGARD/ 3ième partie
(1ière partie, lire la suite... / 2ème partie, lire la suite... )

Soirée très drôle pour la reprise des films de la sélection Un certain regard, une fois n’est pas coutume car on rit peu ce temps-ci au cinéma… Tout d’abord, le film de Valeria Bruni Tedeschi "Actrices", prix spécial du jury, pour lequel on se pressait au portillon quand la veille la salle n’était pas pleine pour le prix Un Certain regard "California dreamin’"… Ensuite, le désopilant "La Visite de la fanfare", prix coup de coeur du jury (et de bien d'autres, je pense)...

"ACTRICES" ("le rêve de la nuit d'avant")*** de Valeria Bruni Tedeschi (France)
/sortie décembre 2007


 

Marcelline (Valeria Bruni Tedeschi), actrice célèbre, se rend au théatre des Amandiers pour une lecture d'une pièce de Tourgueniev où une femme mariée tombe amoureuse du précepteur de son fils (Louis Garrel), "Un Mois à la campagne" qu’elle a accepté de jouer sous la direction de Denis (Mathieu Almaric), metteur en scène imbu de son génie. Mais les répétitions se passent mal… et d’ailleurs Marcelline se sent mal à peu près tout le temps.

Taraudée par l’approche de la ménopause, Marcelline se souvient qu’elle veut à tout prix un enfant mais pour cela il faudrait trouver le géniteur… Quand la gynécologue lui demande si elle connaît le futur père de son enfant, elle répond que son père à elle est mort, lapsus révélateur… Mais Marcelline est-elle plus en manque de progéniture que de tout le reste, angoissée du lever ou coucher par des problèmes existentiels?

Portrait sévère et lucide, débordant d’autodérision, d’une actrice totalement névrosée passant sa vie à s’introspecter et à se plaindre, «vieille enfant» comme lui balancera sa mère un soir où elle fait un caprice, Marcelline habitant avec sa mère et sa tante, deux perruches italiennes en exil à Paris. Critique sans concession du milieu artistique avec ses faux désirs, ses amours fous d’un jour ou d’une heure, ses fantasmes pour donner vie aux personnages et cette difficulté qui en découle à faire la part des choses entre les rôles et la réalité. Critique aussi du metteur en scène tyran avec ses poses et ses lubies, ses colères et ses mesquineries, Mathieu Almaric, une fois encore, est excellentissime dans ce rôle (immense dans la colère où il fait tourner les acteurs en rond sur la scène en martelant «poitrine en avant et ventre avalé») et il va avoir bien du mal à se consacrer uniquement comme il le désire à la mise en scène en accumulant ainsi les performances d’acteur ("Le Scaphandre et le papillon"...).

Le film comporte plusieurs scènes extrêmement brillantes et très drôles dont trois sont déjà sur la BA : Marcelline trébuchant en répétition, Marcelline essayant une robe verte qu’elle refuse de porter par superstition, Marcelline et sa mère se disputant dans un lit. Entre ces scènes, peu de choses captivantes et beaucoup de musique à tue-tête, si le film avait été au niveau des quelques scènes citées plus haut et de quelques autres… VBT est convaincante quand elle se souvient qu’elle est italienne avec cette énergie, ce sens de la tragi-comédie, de la dérision, où elle excelle, mais qu’elle se dilue dans le cinéma intimiste déprimé ou qu’elle incorpore les morts et les vivants en tentant la dimension onirique (son père, son frère, Valeria Golino vers la fin du film), c’est déjà beaucoup moins drôle, on décroche… Bonne surprise cependant dans le récent paysage français...

"LA VISITE DE LA FANFARE"**** (Bikur Hatizmoret) de Eran Korilin (Israël)
/sortie le 19 décembre 2007


Une petite fanfare de la police égyptienne arrive en Israël pour donner un concert à l’occasion de l’inauguration d’un centre culturel arabe dans une ville dont ils ignorent tout. Malheureusement, défaut de la machine administrative ou mauvaise circulation de l’information, personne ne vient les chercher à l’aéroport et les voilà livrés à eux-mêmes, obligés de se débrouiller pour trouver le lieu du concert. Le chef d’orchestre Tewfiq décide alors qu’on ne demandera d’aide à personne et charge Haled, un subordonné, bellâtre de la troupe parlant peu l’anglais, de leur trouver un moyen de transport. Déposés par l’autobus dans un désert de sable à perte de vue planté de quelques rares et maigres palmiers, les policiers de la fanfare se déplacent en rang vêtus de leur uniforme bleu azur, raides comme des passe-lacets, tirant chacun une valise identique noire à roulettes, leurs instruments de musique sous le bras, dans le sable des pistes. Au fond de ce désert du bout du monde, se dresse une morne barre d’immeuble couleur terre, c’est la ville mais pas celle qu’ils cherchaient, le bellâtre de la fanfare, trop occupé à faire du charme à l’hôtesse de l’aéroport, s’est trompé d’adresse.

Commence alors une histoire simple de quelques hommes policiers faisant la loi chez eux mais étrangers sans pouvoir ailleurs, parachutés dans un pays hostile, avec quelques mots d’anglais comme moyen de communication. Accueillis avec moquerie et suspicion, ils finiront par être logés chez l’habitant par l’entremise de Dina, patronne de l’unique troquet du coin, jolie femme effrontée mais généreuse. Un récit œcuménique où les différences et les antagonismes seront surmontés grâce à la musique, voire à la conversation autour de la musique, langage universel.

Les acteurs sont géniaux au delà des mots, mis en valeur par une mise en scène qui privilégie les gros plans sur les regards, les expressions, les tableaux vivants des postures des hommes. Tewfiq est une sorte de Cruchot, aussi expressif et drôle que Louis de Funès et la fanfare l’extension de la brigade du gendarmes de Saint Tropez. La grande différence avec "Le Gendarme de Saint Tropez" (dont je suis une inconditionnelle...), c’est qu’il existe dans "La Visite de la fanfare" une contrepartie d’émotion dont on tire aussi grand parti que du comique. Tour à tour à mourir de rire, puis, émouvant, le film s’achemine finement sur les chemins d’une réconciliation possible entre les peuples, le générique rédigé en hébreu et en arabe donnant le ton.




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V
Merci pour ce billet très agréable… et souriant (pour un sujet pas évident) !
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