Lundi 16 avril 2007
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Festival du cinéma italien J2/dimanche 15 avril 2007
Laura Chiatti photocall Espace Cardin dimanche 15 avril
J4 au festival du cinéma italien, riche dimanche avec «Come lombra » de Marina Spada, un des deux films en compétition réalisé par une femme, long-métrage gris asphalte qui ne laisse pas indifférent, lavant-première du film «A Casa nostra» de Francesca Comencini qui sort mercredi 18 avril sur les écrans, et un hommage à Antonioni par Jeanne Moreau avant la projection de «La Notte».
Autour de "A Casa Nostra"
Si la veille, la bellissima Laura Chiatti était venue faire quelques photos en longue robe rouge et puis sen va (voir mon billet précédent...), aujourdhui, en mini-robe noir et hauts talons argentés, elle avait déplacé pas mal de photographes pour une séance dans les jardins de lEspace Cardin et une autre dans la galerie. Comme Francesca Comencini était absente, Laura Chiatti a présenté le film «A Casa nostra» et a répondu ensuite aux questions de la salle. Loccasion de constater quelle est aussi vivante et marrante que superbe, elle parle à toute vitesse et ne laisse pas passer son tour, elle répond à tout et démontre une modestie dont pourraient sinspirer bien des lofteurs
Non, elle na pas pris de cours de comédie, elle a fait du cinéma par hasard, sa vocation, cétait dêtre coiffeuse
dailleurs, lannée dernière à Cannes, où le film de Paolo Sorrentino, «LAmi de la famille» (voir mon billet précédent...) était sélectionné, elle était si nerveuse que pour se calmer, elle a coiffé les cheveux de son agent (une femme) à 4 heures du matin
Non, elle na pas peur dêtre enfermée dans un emploi de "sois belle et tais-toi", elle choisit des personnages qui ont un «contenu», un âme, dailleurs, dans son prochain film, on ne met pas du tout son physique en avant et on lui a même coupé les cheveux. Tout comme elle était fière dêtre sur laffiche du festival auprès de Monica Vitti, elle était un peu intimidée dans «A Casa nostra» de jouer avec Valeria Golino qui est son actrice préférée de la nouvelle génération italienne.
Lire la critique de «A Casa nostra»
Laura Chiatti et Luca Argentero dans "A Casa nostra"
Laura Chiatti jardin Espace Cardin
Laura Chiatti jardin Espace Cardin
"Come L'ombra"
Un petit film à petit budget dont on ne se méfie pas mais qui vous entraîne dans une histoire dont on ne sort pas indemne. Claudia, employée dans une agence de voyages, a craqué pour le remplaçant de son prof de russe, Boris, bien quil ne se précipite pas pour répondre à ses avances. Un jour, Boris lui demande un service : accueillir Olga, une cousine dUkraine, pendant une semaine pendant quil fait une tournée comme guide dun voyage organisé. Claudia nest pas emballée mais elle accepte pour conserver lintérêt de Boris. Contre toute attente, les deux femmes vont sympathiser mais la veille de son départ de chez Claudia, Olga disparaît
Un film déroutant qui a choisi de raconter lhistoire de façon exclusivement factuelle en faisant impasse volontairement sur la psychologie des personnages et sur le pathos que devraient engendrer les situations. Ca donne le récit gris asphalte dans une ville banale au ciel bas, sec et ultra-descriptif, dun quotidien fastidieux peuplé de gestes mécaniques et répétitifs donnant le rythme de la lassitude d'une vie neutre, sans joies véritables ni peines que la déception ordinaire, où les moments de détente sont comptés. Dans ces conditions, dans cette atmosphère habilement mise en place par la réalisatrice, on ne voit pas venir lissue dramatique tant les germes du drame sont déjà plantés par petite touches insidieuses dans le décor depuis le début. Dailleurs, de la vie terne comme l'Italie sans soleil de Claudia ou de lexistence franchement misérable dOlga en Ukraine, on ne sait pas laquelle est la plus déprimante et laquelle de deux femmes est la plus déprimée, la fin du film nous donne une piste possible (une fin courageuse et vertigineuse...). Belle construction narrative pour un film dont limage terne et salie colle parfaitement au récit même si elle est quelquefois ingrate à regarder pour le spectateur.
Notes sur "La Notte"
Pour lhommage à Antonioni, deux intervenants, Jeanne Moreau, actrice principale de "La Notte" ("La Nuit") et un mini-convert de Giorgio Gaslini, le compositeur de la musique du film, désopilants souvenirs de cet homme racontés comme de vrais sketches, avant de jouer quelques morceaux de sa composition au piano.
On a lu la lettre de l'épouse dAntonioni qui remerciait JM davoir dit dans la Republica quelle regrettait davoir critiqué Antonioni et les conditions de tournage de" La Notte". Quand Jeanne Moreau, tailleur pantalon blanc et top en soie rouge, le mocassin assorti, a pris la parole avec beaucoup daisance, elle a raconté sa rencontre avec Antonioni en 1950, elle était alors pensionnaire à la Comédie Française. Antonioni voulait Jeanne Moreau pour son premier film mais elle navais pas le droit de prendre un congé. Pour "La Notte", elle était disponible mais Marcello Mastroiani ne létait plus, alors, il a tourné "LAvventura" auparavant.
Le tournage de "la Notte" fut un grand moment de solitude, le plus dur étant de tourner la nuit et de dormir le jour à lhôtel en plein centre ville de Milan avec le bruit de la ville. Par ailleurs, les acteurs communiquaient très peu avec Antonioni, situé très loin deux ou perché sur une grue ou ailleurs. Le bavard compositeur Giorgio Gaslini confirmera quil parlait un minimum, "deux mots"... Pour la dernière scène de laube, ils ont dû enchaîner après leur nuit de tournage et la recommencer quatre fois, quatre aubes.
JM pense que tourner à Milan pour le Romain Antonioni était un exil, Giorgio Gaslini avancera la thèse que la présence de Monica Vitti sur le plateau, à lépoque compagne officielle d'Antonioni, aurait pu peut-être expliquer lambiance du film.
Car Jeanne Moreau la dit dentrée : lambiance, «violemment désespérée, une solitude terrible»(sic) sur le plateau correspondait parfaitement à lambiance quon trouvera ensuite dans le film fini. Le compositeur Giorgio Gaslini dira avec humour que, engagé par la maître pour un mois toutes les nuits, nayant rien saisi sur le moment des objectifs de sa musique à composer la veille pour la nuit suivante, il a, par la suite, acheté une place pour aller voir le film au cinéma et, stupéfait, il a vu un chef duvre!
Jeanne Moreau de Marcello Mastroniani dans "La Notte"
Une blonde bellissima française : Frédérique Bel au jury du festival dimanche en fin d'après-midi dans les jardins de l'Espace Cardin par 28° à l'ombre à Paris...