Festival de Deauville 2006 J7 jeudi 7 septembre: Public ou Privé???

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Festival de Deauville J7 jeudi 7 septembre : quand l'insidieuse VIPsation des esprits ferme une à une les portes à la vocation initiale de festival public de Deauville cousin de Sundance...


Georges Corraface dans les allées du CID

Aussitôt pointé le bout du nez d'une star, le festival de Deauville redevient ce qu'il devient : un festival privé pour VIP que le public dérange autrement que faisant la queue pendant des heures pour voir un film sans être sûr d'être autorisé à entrer dans la salle... ou massé derrière des barricades pour voir des portières se fermer sous son nez... Le Pass Public que j'ai expérimenté est une carte payante "illimitée" où on est autorisé à tenter sa chance pour voir un film dans cette fameuse "limite des places disponibles"... Je me demande depuis mon arrivée si il est possible d'acheter un pass public et de repartir sans voir un seul film... En tentant sa "chance" pendant les WE, ce doit être possible d'échouer systématiquement...




Quand Rachel Weisz, mise en lumière pour son oscar l'année dernière pour "The Constant gardener" mais qui n'est pourtant pas Nicole Kidman, passe la porte du Royal vers 14h30 en petite robe rouge sans manches sur un teint laiteux, le maquillage nickel, les cheveux froissés de frais, emboitant le pas de son compagnon Darren Arofnosky pour le photocall et la conférence sur
"The Fountain", les attachés de presse se mettent à interdire : les photos pour commencer "ELLE ne veut pas..." dit-on mais on n'a même pas pris la peine de le lui demander... Et pour finir l'instrument de titillement préféré de l'agence organisatrice du festival : le filtrage alternatif du bon peuple : pouvant, ne pouvant plus, pouvant à nouveau (un matin encouragé, l'après-midi refoulé), assister aux sacro-saintes conférences de presse... Ce matin, on rentrait "comme on voulait", mais pour Vin Diesel ou Rachel Weisz, "ils" ne veulent personne... Ce n'est pourtant pas ce qu'"ils" affichent dans leur brochure du festival... mais comme m'a dit le vigile "les ordres changent tout le temps, cet après-midi, "ils" ne veulent que les N..." et c'est quoi les N, c'est une sorte de M (média) amélioré... L'acteur Georges Corraface et sa fiancée se font refouler... "Il ne laisserait pas entrer Chirac", dit un compagnon d'infortune... "Et les places vides vous en faites quoi?", jubilation du vigile censeur "rien"... Et nous voilà repartis vers l'écran Canal Plus à l'autre bout du CID...

Ils ont dit.... Rachel Weiz ne croit pas à la réincarnation et pense que le film est un conte de fée... Darren A en revanche y croit bien qu'il parlerait plutôt de recyclage... A une question difficile "n'est-il pas difficile pour une actrice de voir sa jeunesse s'éloigner?", Rachel Weisz a répondu qu'elle aimait les traces du temps sur les visages, qu'en France les actrices avaient des rôles pour tous les âges, contrairement à Hollywood... Si Darren A porte le maillot de l'équipe de France de Thierry Henry, c'est que lui et Rachel Wiesz, sa compagne à la ville, viennent d'avoir un fils nommé Henry... Question clé de la conférence de presse "la science est-elle mystique?"...


Rachel Weisz à la conférence de presse de "The Foutain"


Darren Arofnosky

La matinée avait pourtant commencé sur un ton plus consensuel avec quelques mots du réalisateur Paul Fitzgerald pour son film "Forgiven" déclarant qu'il était bluffé de voir une salle aussi grande avec des gens venus par amour du cinéma alors qu'ils ne connaissent même pas les acteurs du film...



Quelques mots sur le film : dans les projections du matin en ce moment on "ligote"à tour de corde : hier c'était un photographe de mode dans le brillant et anxiogène "Hard Candy" aujourd'hui il s'agissait d'un procureur... Le fringant Peter Miles est sur le point de présenter sa candidature au Sénat américain quand un coup de fil du gouverneur de l'état pour grâcier à la dernière minute Ronald Bradley, qu'il avait lui-même fait condamner six ans auparavant, va faire basculer sone existence en cauchemar non climatisé... Le parfait procureur qui a "appelé Jésus dans sa vie" et participe à des réunions évangélistes a quelque chose du profil de Bush junior alcoolique repenti versé dans une religion paravent... Quant à Ronald Bradley, si il a peut-être été victime d'une erreur judiciaire la première fois, il va justifier à posteriori sa condamnation en récidivant en pire et être condamné à mort une seconde fois... Vu du pont, ça fait beaucoup... Une histoire lourde et un film qui ne l'est pas moins, une réalisation assez classique coupée par ci par là d'effets comme des écrans blancs, de rares ralentis avec image blanchie, qui ne s'intègrent pas vraiment au reste du film. Le scénario surchargé de sujets à traiter qui s'enchevêtrent tente pourtant d''être objectif en ne diabolisant aucun personnage, on sent une bonne volonté aiguisée de conscience politique chez le réalisateur qui est aussi l'acteur principal du film.

A noter : Le second film en compétition de la journée à 15h était  : "Sherrybaby"... où je n'y suis pas allée (pour tout dire)...

La première de ce soir promet d'être un must : "The Fountain" : le troisième film de Darren Arofnosky après "Pi" et "Requiem for a dream"... Darren A a expliqué pendant la conférence de presse qu'il avait fait une histoire d'amour en la compliquant un peu!!! Un homme n'accepte pas que sa femme soit sur le point de mourir... L'occasion pour Darren Arofnosky de mettre en scène sa compagne Rachel Weisz, ils arriveront tous les deux vêtus de blanc, elle en robe simple à manches courtes, lui en costume de Gatsby le magnifique et un petit air de ressemblance physique avec Sean Penn...



quelques mots sur le film : c'est un opéra mystique en trois périodes s'interpénétrant : le passé, le présent et la mort présentée comme un futur éternel. La violence brutale du passé, la réalité insupportable du présent et la désincarnation du futur représentés chacun par des couleurs spécifiques : le jaune des flammes dans la nuit de la forêt pour le passé, le blanc et vert de l'hôpital pour le présent, un sépia blanchi pour la vie éternelle******. C'est la déclaration d'amour d'un homme à la femme qu'il aime qu'il refuse de voir mourir et retrouvera au delà de la mort. Le film monte en puissance comme une symphonie visuelle et sonore (excellente et planante BO) jusqu'à la dernière demi-heure où on est emporté dans la bulle du futur éternel en n'opposant plus aucune résistance rationnelle au mode narratif tant c'est un éblouissement d'images, de musique, d'émotions et dans ces conditions, ça vaut la peine de quitter la réalité... Un film magique où est difficile d'entrer si on cherche à le ramener à un schéma connu, il faut se laisser porter le plus tôt possible par ce voyage universel au bout de l'infini.

****** A propos des couleurs du film, Darren A a expliqué le lendemain matin à un public d'étudiants qu'il avait voulu aller du sombre au doré...




Cyrielle Claire sur le tapis rouge de "The Fountain"

Vus à la projection : Judith Godrèche et son mari Maurice Barthélémy (au jury), Patrick Sabatier et sa femme et l'intemporelle Cyrielle Claire (sur la photo)...

Arrivée de Sydney Pollack au Royal à Deauville aujourd'hui pour l'hommage qui lui sera rendu demain après-midi avec le film documentaire "Esquisses de Frank Gehrry".

Demain matin, conférence de presse à 10h00 pour "Bobby" (qui sera projeté le soir) avec Christian Slater.

Attendue pour demain : l'arrivée de Meryl Streep qui a deux films projetés le samedi "Le Diable s'habille en Prada" et le dernier Altman "A Prairie home companion".





Publié dans Deauville 2006

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