Francesco Rosi au Max Linder et "L'Affaire Mattei" ("Il Caso Mattei") /Rétrospective Paris-Cinéma

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Grand moment de Paris-Cinéma, à l’occasion de la rétrospective Francesco Rosi, une projection de "l’Affaire Mattei" au cinéma Max Linder bd Poissonnière, suivie de 90 mn de débat était organisée par Michel Ciment le directeur de la revue Positif avec un professeur de Sciences politiques, un historien et un écrivain. Quand je suis arrivée au cinéma, une file immense occupait le trottoir du bd Poissonnière, la salle avec orchestre et deux balcons, était archi-comble et Francesco Rosi a dit combien il était étonné que tout le monde soit resté pour le débat…


"Il Caso Mattei" est le récit des éléments de l’affaire Mattei, soit la mort d’Enrico Mattei dans le crash de son avion privé en 1962, président de la société nationale des hydrocarbures, ayant fait fortune dans le pétrole, un des hommes d’affaire les plus puissants d’Italie. Si l’enquête conclut à un accident, les italiens crurent, eux, à un attentat.

Dans l’Italie de Mattei en 1956, la démocratie chrétienne est aux commandes depuis le lendemain de la guerre et le restera jusqu’au début des années 90. Si après la dernière guerre, l’Italie est aussi pauvre que la Pologne et les italiens servent de main d’œuvre au monde entier, obligés d’émigrer à l’étranger pour trouver du travail, Mattei, qui participe à la reconstruction accélérée de l’Italie (en 30 ans, elle accédera au premiers rangs de l’économie mondiale), a l’ambition de faire travailler les Italiens en Italie, mieux, de faire revenir les émigrés, en deux mots, il promet du travail pour tous. Enrico Mattei est un démocrate chrétien de gauche, aux accents populistes, adoré du peuple et craint par les politiques et les industriels, qui, depuis longtemps, reçoit des menaces. Le jour de sa mort, étant prévenu par téléphone d’une tentative possible d’attentat, il répond dans le film «eh bien, si ils veulent me tuer, qu’ils me tuent!».


Gian Maria Volonté dans "Il Caso mattei" photo Cahiers du cinéma

Le parti pris de Francesco Rosi est de mettre les éléments de l’enquête à la disposition du spectateur qui se fera une idée, voire une conviction de ce qui s’est passé : assassinat ou accident. Le biopic vie privée est vite balayé en quelques minutes (quelques images furtives de l’épouse de Mattei), ce n’est pas le style Rosi, en revanche, le style Rosi, c’est le film-enquête avec de la réflexion et néanmoins de l’émotion, les personnages extrêmement bavards, Mattei surtout, porté par la magnifique acteur Gian Maria Volonté qu’il dirigera aussi dans "Lucky Luciano". On a parlé de Rosi cinéaste politique, d’abord, il s’en défend en disant qu’il a tourné d’autres films non politiques comme "Carmen" (1983) ou "La Belle et le cavalier" (1967, Sophia Loren et Omar Sharif). Ensuite, Rosi est un cinéaste aussi bien métaphysique que politique. Tous ses films parlent de la mort, ce sont souvent des enquêtes autour d’un cadavre, "Salvatore Giuliano" (1961), "l’Affaire Mattei" (1972), "Lucky Luciano" (1974), "Cadavres exquis" (1976), "Chronique d’une mort annoncée" (1987), etc… "L'Affaire Mattei" est un film extrêmement moderne et précurseur, tant sur les idées toujours d'actualité que sur la forme, la façon de filmer au plus près, cinéma vérité avec des moments exceptionnels quand Rosi filme les mouvements de foule.

Né à Naples en 1922, ayant débuté au cinéma en 1948 comme assistant de Visconti dans "La Terre tremble", Francesco Rosi réalise son premier film "Le Défi" en 1958. Charmant octogénaire drôle, bavard, lucide et fier de son œuvre, il a conquis aujourd'hui le public du Max Linder qui l’était déjà par la projection choc de "l’Affaire Mattei", et, dans la salle, pas mal de spectateurs inconditionnels du maître avaient déjà vu ses films à l’époque de leur sortie. Dans le hall du cinéma où il prenait un café entre le film et le débat, il a accepté sans se faire prier de poser pour de photos de spectateurs. "L’Affaire Mattei" dérange encore aujourd’hui, après la sortie du film, la famille a fait rouvrir le dossier. Quand le film est sorti aux USA à l'époque, il a été distribué dans une unique petite salle de Manhattan pendant seulement trois jours... Palme d’or à Cannes en 1972, le film n’existe pas en DVD est ne passe quasiment jamais à la télévision…


Rétrospective des 18 films de Francesco Rosi au cinéma reflet Médicis tous les jours jusqu’au 14 juillet. Avec seconde projection de "l'Affaire Mattei" le mardi 10 juillet 20h. A ne pas manquer aussi "Le Christ s'est arrêté à Eboli", "Main basse sur la ville", "Chronique d'une mort annoncée", "Lucky Luciano", "Oublier Palerme", "Cadavres exquis".

Seconde séance spéciale présentée par Francesco Rosi dimanche 8 juillet à Montreuil (cinéma Georges Melies) à 20h avec "Main basse sur la ville" ("Le Mani sulla citta") (1963).

Galatea Film

Programme du festival...

site officiel...





Publié dans Paris-Cinéma 2007

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V
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