Le Héros de la famille : La Cage aux perroquets

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Emmanuelle Béart. Luc Roux / UGC

Dans la salle, le public est vraiment bcbg version quadra quinqua lunettes à monture d’écaille et balayages californiens, dames chics à manteau de fourrure dans Paris verglas, un peu des clones de Catherine Deneuve sur l’écran… C’est important le public, on connaît déjà l’ambiance d’un film en regardant les gens… Un casting des années 80, voilà ce que nous annonce l’affiche du film d’un ancien journaliste de « Studio magazine » nostalgique du bon vieux temps du star system entre copains.

Une fausse famille très recomposée se réunit pour l’enterrement d’un parent spirituel : Gabrielle Stern (Claude Brasseur), patron du «Perroquet bleu», un cabaret genre «La Cage aux folles». Pour son dernier sommeil, on a revêtu Gabrielle d’une robe en boa rouge sang car il aimait s’habiller en femmes tant il aimait les femmes, hommage du rabin au cimetière à «la reine de la nuit», au «roi de la perruque», crédibilité, nous voilà…

Auparavant, un prologue de Gabrielle avant son suicide (très effleuré, un trou de mémoire, une baignade en hiver) histoire de brosser le décor du cabaret et d’installer les personnages : la somptueuse chanteuse (Emmanuelle Béart) blonde platine en robe lamé argent sortie tout droit de Hollywood années 50, la tonique chorégraphe au corps parfait (Valérie Lemercier), le séduisant prestidigitateur bon à rien, Nicky (Gérard Lanvin), fils adoptif de Gabrielle, avec deux épouses et deux enfants qu’on verra plus tard.

On s’en va ensuite faire le tour du propriétaire au delà des murs du cabaret : la fille de Nicky/GL et de Simone (Miou-Miou), Marianne (Géraldine Pailhas), sèche comme une allumette, est rédactrice en chef d’un magazine en vue où elle déploie son autorité. Le fils de Nicky/GL et d'Alice (Catherine Deneuve), Nino, comptable, vit en ménage avec un minet (Pierrick de la Nouvelle Star… PS. Maud de la Star Ac 5, c’était ce soir dans «Commissaire Valence» avec Bernard Tapie…)

Catherine Deneuve et Michaël Cohen. Luc Roux / UGC

Le truc, c’est que tout le monde a un secret en rapport avec Gabrielle et que les plus vertueux ne sont peut-être pas ceux qui en ont le costume… Une séance chez le notaire, l’héritage de Gabrielle/Claude Brasseur qui dépossède Gérard Lanvin et Miou-Miou du cabaret au profit des enfants, va mettre le feu aux poudres. Va-t-on vendre «Le Perroquet bleu»?

C’est un film pavé de bonnes intentions qui veut tout : de la comédie, de l’émotion en veux-tu en voilà, des stars d’autrefois, des amours d’aujourd’hui, et même du suspense… Un film d’amateur de cinéma pas trop compliqué… La musique est ce qu’il y a de plus pénible dans le film, un mélange de tout souvent assourdissant de Line Renaud à Freddy Mercury… C’est filmé un peu comme ça vient : on passe d’un style à l’autre selon les cas, aucune homogénéité, des images assez vilaines, pour couronner le tout, le réalisateur, qui ne doute de rien, n’hésite pas à convoquer le fantôme de Claude Brasseur pour bavarder avec Lanvin, un procédé tellement délicat à manier qu’on se demande s'il a le sens de ce qui est possible, raisonnablement faisable, quand quand on aime le cinéma sans pour autant être un génie de la mise en scène…

Ce qui vaut le coup, c’est la taille de l’immense sac Hermès en croco noir de Catherine Deneuve, un budget en soi… Sa jupe en cuir noir, son brushing parfait, sa séduction inchangée, un vrai musée dédié à «Belle de jour»… Pourtant, heureusement qu’elle est là pour réveiller l’apathie du film, c’est la seule qui donne un peu de rythme et de vie à son personnage. Celui d’Emmanuelle Béart est étonnamment pas écrit : dommage pour une actrice dont j'apprécie le tempérament (voir "Un Crime", son dernier film injustement méprisé par la critique), et qui méritait mieux que d'être posée là comme une superbe poupée blonde dans un improbable rôle de chanteuse dont on n’entend pas une seule chanson en entier alors que Géraldine Pailhas, aussi peu charismatique que Béart, elle, l’est, a droit à une chanson filmée en temps réel… Ce n’est pas d’hier que Gérard Lanvin, un des sommets de la séduction années 80, collectionne les emplois de loosers tristes, ce qui naturellement est le cas ici où chacun occupe son rôle cliché. Des deux comédies sorties cette semaine, j’ai choisi ce «Héros de la famille» aux dépends de «Mon meilleur ami , de Patrice Leconte qui avait l’air de la doublure de «La Doublure» mais je le regrette…


Valérie Lemercier. Luc Roux / UGC


Des Photos de l'avant-première parisienne du film sur peopleblog d'Hugo Mayer...




Publié dans Films 2006

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V
Votre site m’a beaucoup aidé de savoir plusieurs choses, Merci beaucoup.
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L
Photos Luc Roux
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E
essays writingI don't know possibly some people like this film, but i think it is not for me.
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