Vendredi 7 avril 2006 5 07 /04 /Avr /2006 00:25
Jean-Paul Belmondo. Ciné Classic

Tiré d’un roman de José Giovanni, «Ho!» est adapté au cinéma par Robert Enrico en 1968. Un réalisateur qui a déjà tourné à l’époque «Les Grandes gueules» (1965) avec un Bourvil à contre-emploi et dont on se souvient surtout aujourd’hui grâce au «Vieux fusil» (1975) avec Romy Schneider.

Ho (JP Belmondo) est le diminutif de François Holin, ancien coureur automobile ayant raccroché le volant après la mort accidentelle de son copilote. Orphelin des circuits, Ho sert de chauffeur à une bande de malfrats minables et finit par tomber pour un vol de voiture. Emprisonné à la Prison de la Santé à Paris où le film fut réellement tourné, Ho se fait une réputation de caïd en s’en évadant. Qualifié après son évasion d’hybride d’Arsène Lupin et d’Al Capone par un journaliste de France-Soir, autre lieu réel du tournage, François Holin verse dans le grand banditisme et devient l’ennemi public n°1.

On voit le Jean-Paul Belmondo de «Pierrot le fou» (1965) avant sa grande période commerciale cependant que pointe déjà parfois le futur personnage du «Magnifique» avec ses fanfaronnades et ses vantardises… Le portrait d’un voyou macho plus nombriliste que cupide, victime des sirènes de la notoriété (déjà à l’époque…), qui écrit sa légende par journaliste interposé (Paul Crauchet) à qui il dicte ses papiers en échange de tuyaux.

Quel film savoureux, quel vrai film noir modeste et efficace… Un film très daté avec l’ancien drugstore des Champs-Elysées, les collants orange et la grande capeline noire du mannequin (on ne disait pas encore top model) et petite amie de Ho joué par Joanna Shimkus, ravissante actrice des sixties aux cheveux blond vénitien et au charme ravageur qui deviendra plus tard l’épouse de l’acteur américain Sydney Poitier. Des dialogues de «durs» comme on n’en fait (malheureusement) plus tels «démarre, sinon la suite risque de s’écrire en rouge …», «les amis, pour qu’ils soient sûrs, il vaut mieux en changer souvent…» Une musique qu’on retrouvera dans «Borsalino» (1970)…

Mais c’est aussi un film avec des fulgurances très modernes comme cette scène ou Ho, dans une crise de narcissisme, punaise sur les murs de son logement sordide des coupures de journal avec sa photo en dizaines d’exemplaire. Ou encore l’emploi du noir et blanc sur les flash-backs des exactions de la bande rivale. La fin du film est également très en avance sur les films de l’époque : l’arrestation de Ho avec les flashes des photographes qui claquent comme les coups de feu qui viennent de cesser, et Ho protégeant son visage de ses mains ensanglantées.

Prions pour qu’un éditeur ait la bonne idée de sortir ce film en DVD, Paris-Première vient de le diffuser et je n’ai pas eu le réflexe d’allumer mon magnétoscope…

Acteurs :

Jean-Paul Belmondo : Ho

Joanna Shimkus : Bénédicte

Paul Crauchet : le journaliste

Réalisateur : Robert Enrico

"Ho!" : Film 1968

Note 4/4



Publié dans : CINECULTE 1960
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