Mardi 10 juillet 2007
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Dominique Sanda lundi 9 juillet au cinéma Saint Germain des Prés6 heures d'horloge... pour aller voir "Le Jardin des Finzi-Conti" de Vittorio de Sica dans le cadre dune avant-première organisée par Paris-Cinéma avec les mêmes problèmes que les soirs précédents : une salle trop petite, des parisiens à qui on a vendu des Pass illimités pour des séances fantômes et qui restent sur le carreau, la moitié de la salle étant encore une fois occupée par les invitations privées pour créer un événement médiatique. Faisant la queue depuis 18h30, 19h00, la plupart des festivaliers se sont vus refouler devant lafflux des invités se bousculant à lentrée. Mais contrairement à léprouvante séance de samedi soir pour "Elle s'appelle Sabine" de Sandrine Bonnaire avec une équipe Paris-Cinéma arrogante et passive pour envenimer les choses, sans parler de la gestion désastreuse du cinéma L'Arlequin, au cinéma Saint Germain de Prés, un directeur, seul, (heureusement ! ! !) qui sait faire un miracle, en deux mots, prendre ses responsabilités et un brin dinitiative : il décide très rapidement lorganisation dune seconde séance pour les recalés et accepte la prévente des billets, ce qui est une exception notable dans ce chemin de croix pavé dembûches et de frustrations quest devenu ce pseudo festival de Paris.
Pourquoi avoir persisté alors ? Pour ce film que jattends depuis tellement dannées
que jai vu autrefois, presque dans une autre vie
éblouie par son souvenir
je nai pu résister à la tentation de la voir, elle, la divine Dominique Sanda, annoncée pour présenter la reprise du film en copie restaurée, ce fameux Jardin des Finzi-Contini, un des plus beaux films du monde
Nous sommes sortis à minuit passé de la seconde projection comme une procession de spectateurs totalement silencieux, montant les escaliers de la sortie sans un seul mot, la tête encore dans le jardin des Finzi-Contini et pour longtemps
Jai retrouvé ce film encore plus magnifique que dans mon souvenir, un moment de grâce et dexception qui explique, si besoin était, pourquoi on devient cinéphile, cinéphage, cinéaddict, pour ces sensations-là, si rares, ces moments quasi célestes indescriptibles
En attendant la seconde projection, lentracte se jouait à la brasserie mitoyenne avec léquipe de la distribution du film sabrant le champagne dont Ronald Chammah, lhomme providentiel à linitiative du projet à qui lon doit déjà "Baby boy Frankie", polar noir cest noir dun réalisateur génial tombé dans loubli (un des films préférés de Scorsese, existe désormais en DVD) et trois films de Zurlini qui vont dailleurs sortir bientôt en coffret : "Eté Violent", "Journal intime" et "La Fille à la valise" (on trouve pour le moment ce dernier seul en DVD). Zurlini qui devait tourner "Le Jardin des Finzi-Contini", en avait écrit une partie du scénario pour laisser finalement la place à Vittorio de Sica. A la même table, un pétulant convive débordant denthousiasme cinéphile, Jean Hernandez (Ocean films), qui accepte dêtre pris en photo
Ayant sympathisé avec une dame dans la file dattente, nous avons décidé de partager une collation tout en posant des questions à la table voisine (qui joue gentiment le jeu en nous répondant) sur pourquoi ce film aujourdhui. "Le Jardin des Finzi-Contini" sortira donc en salles le 18 juillet et en DVD dans environ 1 an .
A la table voisine de la brasserie attenante au cinéma, Jean Hernandez (Ocean films) avec l'équipe distribuant le film (Ad Vitam)
Quand nous entrons enfin dans la salle, Dominique Sanda, en veste lamé vert vif et pantalon noir, attend les spectateurs dont la plupart sont bien entendu des inconditionnels et à qui elle va répondre très gentiment, elle mautorisera ainsi à la prendre en photo, ravissante et intemporelle, le regard, le port de tête, la minceur, peu de choses ont changé en 35 ans
Apparemment accompagnée de son mari, il semble quelle habite aujourdhui en Argentine. Aux côtés du fils deVittorio de Sica (mort en 1974), elle dira sur scène quelle vient de revoir le film et quelle a tant pleuré quelle na plus de larmes, puis, elle nous laisse, quel cadeau dêtre restée quand la plupart des acteurs filent en douce dans le noir au début des projections, quel respect pour les spectateurs, oui, ça valait la peine dattendre des heures et pour elle et pour "Le Jardin des Finzi-Contini" où elle est sublime et le mot est faible
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Dominique Sanda (à g) et le fils de Vittorio de Sica (à d) au cinéma Saint Germain des Prés