"MACUNAIMA" de Joaquim Pedro de Andrade : comédie allégorique sous acide + notes sur "Petropolis"

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johnny to

"MACUNAIMA" DE JOAQUIM PEDRO DE ANDRADE


Présenté en ouverture (mercredi dernier) de la rétrospective à la cinémathèque sur Joaquim Pedro de Andrade, la comédie unique en son genre "Macunaima" (film sorti aujourd’hui 20 juin en salles). Figure titanesque du Cinema novo comme Glauber Rocha, JPDA renaît, car la plupart de ses films auraient été condamnés à la poubelle sans les efforts titanesques de ses enfants pendant des années pour récupérer les négatifs de copies disséminées partout à travers le monde. Les éditions Carlotta finiront par récupérer le dossier et éditer l’intégrale des films en numérique visible à la cinémathèque du 13 au 24 juin (avec sortie du coffret DVD de tous les films de JPDA le 4 juillet, je crois...).

S’agissant du film "Macunaima", vrai succès public de son temps (1969), on est sidéré par l’OCNI (objet cinématographique non identifié)… A première vue, on dirait un film hippie sous acide, un trip seventies psychédélique. Il y a de ça, d’ailleurs… En creusant un peu, JPDA exploiterait là la veine des comédies brésiliennes des années 50 : les chanchadas dont l’acteur Grande Otelo est l’une des figures les plus connues, rejoignant le courant culturel Brésilien du Tropicalisme des années 60/70, « duel entre le kitsch et le pop, exacerbation de l’allégorie et expressionnisme grotesque, goût de la parodie et humour ravageur … » (extrait de la fiche Carlotta sur le film)


© Carlotta Films

Macunaima, héros opportuniste sans caractère que mauvais et grincheux, est né au fond de la jungle d’une mère indienne. On n’oubliera pas de sitôt la scène de l’accouchement : une femme vêtue de drap blanc, jouée par un homme ! ! !, accouche d’un vieillard noir (Grande Otelo) qui tombe par terre sur le sol d’entre ses jambes, sommet de loufoquerie ! De noir et vieux et laid, Macunaïma devient blanc, jeune et beau (changement d’acteur pour Paulo José), après avoir été lavé par un geyser magique, le frère arrivant trop tard restant noir… Parti pour la ville avec ses frères, il va tomber amoureux de la guerillera Ci qui lui offrira une amulette, le Muiraquitam. Plus tard, il va lutter contre le milliardaire Pietro Pietra, présenté sous la forme d’un géant cannibale, pour récupérer cette amulette.

Film aux couleurs criardes et bariolées, aux personnages déguisés, aux voix stridentes, aux situations loufoques, tout y est outré jusqu’à l’absurde et au grotesque, tout y est allégorique, satyrique et parodique. Ce qui n’exclut pas une certaine violence avec des moments quasiment gore comme ce grand-père qui donne à manger à son petit-fils un morceau de son propre mollet (et hurle « chair de ma jambe ! »…) ou ces cadavres sanguinolents comme des steaks au fond de la piscine pendant une soirée dans un palais…

Sylvie Pierre, spécialiste du cinéma novo et directeur de la revue "Traffic" (un dossier bientôt sur JPDA dans le prochain numéro d'été), a dit du film qu’il était à la fois résistant et patriote, ce qui peut sembler contradictoire. C’est à dire à la fois une critique du régime et un chant de bonheur d’être brésilien, comme chez Glauber Rocha, sorte de cinéma politique et poétique inconnu chez nous.

Un film à voir de toute façon, pour une curiosité, c’en est une…

Court-métrage précédant "Macunaima" : "Couro de gato" ("peau de chat")

un superbe film poignant dans la mouvance néosréalisme italien sur la dureté extrême de la vie des populations si pauvres au Brésil qu'on y fait un trafic des chats volés pour fabriquer des tambourins au moment du Carnaval. Ainsi, un petit garçon d'une favella s'est attaché à un beau chat blanc angora qu'il a dérobé à une riche bourgeoise des beaux quartiers mais il va devoir se résigner à s'en séparer... pour un billet de quelques réais... Tourné en noir et blanc, un film quasiment muet à cause du manque d'argent pour le son ayant été enregistré ensuite en France sans les acteurs brésiliens...

Avant-premières de la SEMAINE DU mercredi 20 juin 2007

 

"EXILED" DE JOHNNIE TO


Ma semaine cinéma a démarré mardi soir avec l’avant-première du dernier film de Johnnie To «Exiled» (sortie le 11 juillet) dont la critique devrait arriver très bientôt… sur le blog. Un film nouveau polar Hong Kong qui va en ravir plus d’un, une vraie bombe ! Film noir à la fois menant de front action, violence et parodie, des images sublimes, un must…

"PERSEPOLIS" DE MARJANE SATRAPI ET VINCENT PARONNAUD


En revanche, Persepolis (sortie le 27 juin), prix spécial au dernier festival de Cannes, vu en avant-première ce soir au Gaumont Marignan sur les Champs Elysées (la réalisatrice absente mais le réalisateur quasi mutique présent), est une grande déception. Comment sur fond de révolution en Iran, après la destitution du Shah, l’arrivée du régime islamique au pouvoir va bouleverser et terroriser la population, dont la famille de l’auteur, comme personne n’aurait osé l’imaginer. Comment l’observation d’un régime intégriste vu par une fillette, puis une jeune fille donne lieu à un film égocentrique qui parle essentiellement… des problèmes de Marjane Satrapi et de sa famille, le reste demeurant en arrière-plan. Une famille incroyablement idéalisée où père, mère, grand-mère ne seraient que bonté, joie et compréhension… Où dès l’enfance, la petite Marjane est une enfant reine qui prend toute la place… On est d’emblée agacé par les voix affectées des personnages, deux actrices sont naturelles, Catherine Deneuve (la mère) et Danielle Darrieux (la grand-mère), Marjane enfant et jeune fille (Chiara Mastroiani) parlent d’une façon maniérée, faussement désinvolte. Il y a un côté Bridget Jones ou lectrice de "Elle" dans la façon dont Marjane se met en scène en faisant ostensiblement de l’humour supposé féminin avec ses jambes pas épilées ou ses histoires d’amour ratées. Bien entendu, on montre ce qu'on aurait aimé voir développer davantage au delà des souvenirs de l'héroïne : les conséquences des lois du nouveau régime islamique sur la vie quotidienne où à peu près tout ce qui est ludique ou fait plaisir est interdit...(exemple de la scène de l'achat de la musique au marché noir ou des bouteilles d'alcool qu'on vide dans les WC). Est-ce la pudeur ou la nécessité de résilience qui recentre l’histoire avec un H sur des historettes où la vie continue, malgré tout ? Ce récit stylisé (je n'ai pas lu la BD, très belles images au demeurant), manichéen, avec les très bons et les très méchants, l’angélisation des rapports familiaux et l’omniprésence de la dimension autobiographique focalisée "Moi Je", est bien en dessous des espérances avec un sujet pareil, à vous de juger!!! Je gage que le filme plaira (grande campagne promo, beaucoup d'avant-premières, pas loin de devenir le film tendance) plutôt aux femmes... (les réactions féminines dans la salle étaient démonstratives…), au contraire, "Exiled" de Johnny To plaira plutôt aux hommes... il y des films à cible, très sexués...



Publié dans CINECULTE1970

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Merci pour cet article qui contient plein de bons conseils. C’est quelque chose que j’avais du mal a comprendre auparavant.
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