"LA MALEDICTION" : Le 666, le numéro surtaxé de l'Apocalypse

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Seamus Davey-Fitzpatrick. Twentieth Century Fox France

Teaser et bande-Annonce : clic ici!

Je me serais épargnée bien des années d’inutile psychanalyse si j’avais appris plus tôt la portée du numéro de téléphone de la maison de mon enfance : le 666.

Incapable d’annoncer à sa femme Kathryn que leur enfant est mort pendant l’accouchement, le diplomate Robert Thorn prend une décision dont il ignore combien elle est diabolique au sens premier du mot : il accepte de remplacer leur enfant par un orphelin né au même moment. A la même époque, Robert Thorn se voit proposer un poste de vice-ambassadeur à Londres. C’est alors qu’un attentat enterre prématurément l’ambassadeur en titre, son ami, dont il prend alors la place «j’ai l’impression de marcher sur le cadavre de Steven» dit laconiquement Thorn, suspicieux, à juste titre, de cette trop soudaine promotion, car, très vite, des morts mystérieuses et des accidents inexpliqués vont devenir le lot quotidien.

«La prophétie du livre de la révélation est en passe de s’accomplir : elle annonce l’avènement de l’Antéchrist, stigmatisé par le nombre 666, la marque de la bête…» (livre de l’Apocalypse- Jean XIII/18)

On retrouve le couple et leur enfant, Damien à l’anniversaire de ce dernier et on objectera qu’on a mystérieusement sauté plusieurs années à pieds joints sans rien montrer de l’évolution de l’enfant entre sa naissance et 5 ans. Dans une ambiance surannée de fête dans un jardin anglais sous un ciel de nuages, la nurse de Damien se jette du toit en l’interpellant, une de ses chaussures venant exploser dans le rouge des cocktails préparés sur un buffet. Les hurlements de la mère de Damien, décalés par rapport à l’évènement, en rajoutent à la musique déjà assourdissante.

Pendant ce temps, Jennings, un photographe paparazzi à la recherche d’un scoop, voit ses développements de photos de l’ambassadeur et son entourage parasités par des signes étranges et inquiétants dans la lumière rouge de son laboratoire photo.

Pour remplacer la nurse, Mrs Baylock, une garde d’enfants douce et attentionnée se présente au couple Thorn et devient rapidement la louve protectrice de Damien. Sous les traits de Mia Farrow avec toute la symbolique de «Rosemarys’baby», Mrs Baylock est de loin le personnage le plus fort du film : sans le moindre artifice ni aucun effet spécial, Mia Farrow compose un personnage sous contrôle de Satan, le regard et les imperceptibles contractions de son visage lui conférant un pouvoir anxiogène bien supérieur à tous les cauchemars (dont le réalisateur n’abuse pas mais le film aurait gagné en pouvoir infini de l’imaginaire parano si on les avait supprimés).

Petit à petit, les Thorn doivent se rendre à l’évidence : Damien n’est pas un enfant comme les autres. D’une crise de nerfs où il griffe le visage de sa mère au sang à son impassibilité, son regard magnétique, indifférent ou cruel, son absence de toute maladie de l’enfance, les signes de sa différence se multiplient avec le temps.

La symbolique des couleurs est simplissime : le gris-vert de la vie quotidienne empreinte de soupçons et de tensions, le blanc clinique de la pureté de la mère face à l'angoisse, en alternance avec le rouge du diable au moment des catastrophes, ce qui donne une atmosphère totalement déprimante, vaguement nauséeuse. Ainsi, pour la musique, toute arrivée imminente d’une catastrophe est précédée d’une musique d’éveil angoissante et d’un gros plan d’un objet ou d’un regard, prévenant le spectateur, le parcours est balisé. Les appels au rouge sont un peu voyants : la robe de chambre de la mère, le labo du photographe, les fleurs, les boissons, etc… Exceptionnellement, le réalisateur s’essaie à une scène aux tons plus chauds avec des filtres de buée, pour figurer quelques rares moments de confidence.

Si dans «Donnie Darko», la schizophrénie du personnage était révélée par la présence d’un lapin monstrueux, ici, c’est un chien noir qui donne l’impulsion démoniaque à l’enfant. Le film est découpé en périodes avec des dates se rapprochant du 6ème jour du 6ème mois de la 6ème année de Damien, l’arrivée du 666…

Bien que la forme soit plutôt stylisée et ultra-démonstrative avec un objectif grand public clairement affiché où on surligne, images, évènements et musique, deux fois plutôt qu’une pour mâcher la compréhension du spectateur paresseux, le propos est plus ambitieux qu’il n’y paraît : de Hitler au 11 septembre, au terrorisme chronique des années 2000, en passant par les catastrophes climatiques récurrentes comme le tzunami ou le cyclone Katrina, les figures de l’Antechrist sont multiples et se multiplient. Par ailleurs, l’intervention de l’homme dans sa destinée telle qu’elle était «écrite» et ses conséquences est un sujet en filigrane : la décision de Robert Thorn, qu’on pourra qualifier de lâcheté ou de générosité, de ne pas décevoir sa femme après de nombreuses tentatives infructueuses de grossesses, va le mener dans le mensonge aux portes d’un enfer qui pourrait bien être le berceau de l’Armageddon…

Twentieth Century Fox France

«Il est dit dans la prophétie de l’Apocalypse que l’Antechrist recevra son pouvoir de Satan lui-même afin d’établir son royaume sur cette Terre. Alors débutera l’Armageddon », site ultime de confrontation entre les forces du bien et du mal…»

Casting :

Liev Schreiber : Robert Thorn
Julia Styles : Kathryn Torn
Seamus Davey-Fitzpatrick : Damien
Mia Farrow : Mrs Baylock
David Thewlis : Jennings
Pete Postlethwaite : le père Brennan

Liev Schreiber que l’on avait vu récemment dans «Un Crime dans la tête» où il incarnait un homme de pouvoir poussé par sa mère, Meryl Streep, est totalement crédible dans le rôle d'un père de famille mais n’a pas le charisme d’un Gregory Peck... et, plus récemment, on préférait en diplomate le séduisant Ralph Fiennes dans «The Constant gardener» de Walter Salles.

Julia Stiles, prisée des amateurs des deux films à succès avec Matt Damon : «La mort dans la peau» et «La Mémoire dans la peau» (la suite), dans le rôle du seul personnage innocent du film, a du mal à faire le poids face à une Mia Farrow surboostée, mais qui le ferait?

Mia Farrow : c’est incontestablement la géniale trouvaille du casting, non seulement, elle porte en elle les stigmates de son rôle de mère enceinte du diable dans le «Rosemary’s baby» de Polanski mais l’actrice a toujours excellé dans des rôles névrosés comme «Terreur aveugle» de Richard Fleisher, «Cérémonie secrète» de Losey avec Liz Taylor ou «Docteur Popaul» de Chabrol, bien loin de ses débuts dans le soap feuilleton «Peyton place». Enrôlée ensuite dans le statut de muse du cinéma de Woody Allen, qui la voyait tout autrement (dans ses films), elle avait disparu des écrans et c’est son grand retour au cinéma dans un rôle sur mesure.

Le réalisateur John Moore a travaillé comme assistant opérateur sur les films de Neil Jordan et Jim Sheridan. C’est son troisième film après «En territoire ennemi» avec Gene Hackman et «Le Vol du phoenix» avec Dennis Quaid. En faisant ce remake de « La Malédiction » de Richard Donner avec Gregory Peck et Lee Remick, John Moore a déclaré qu’il avait voulu rester fidèle au film de 1976 en le remettant au goût du jour, et, pour commencer, il a mis en scène un couple jeune plein d’avenir au lieu de celui d’une quarantaine d’année de la première version. Cependant, l’image ne rend pas cette modernité, (pour ne pas dire, au contraire, qu'elle s'applique à reproduire un ton passéiste plutôt bienvenu), plombée par les couleurs verdâtres et l’excès de rouge, avec des musiques académiques qu’on aurait préféré plus décalées. Comme disait le grand Hitch «il faut filmer les scènes de meurtre comme des scènes d’amour et vice-versa…». Le film a été tourné à Prague, sous un climat qui a dû contribuer (in)directement à la mauvaise mine de l’image. Si on a pu reprocher, à juste raison, à Sofia Coppola, de faire plutôt de la photo de mode que du cinéma dans «Marie-Antoinette», ici, à l'opposé, le réalisateur est foncièrement pragmatique dans le choix des couleurs et de la photo au détriment de toute dimension esthétique malgré quelques louables tentatives.

Un film grand public revendiqué avec un dessous des cartes en prise sur l’actualité, qui devrait rassembler pas mal de pèlerins à la cérémonie d’avènement de l’Antechrist…

Twentieth Century Fox France

Mini-Pitch : Pour avoir accepté de remplacer leur enfant mort-né par un orphelin, un diplomate déclenche les forces du mal en élevant comme son fils le futur Antechrist, un film entre le "Da Vinci code" et "Rosemary's baby"..

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Publié dans Films 2006

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F
Ce jeu ne demande que 3 minutes d'attention . Ca va t'effrayer. La personne qui me la envoyé a dit que son voeu s'est réalisé 10 minutes après l'avoir lu. Mais pas de triche. Ce jeu a un drôle/effrayant dénouement .. Ne lis pas en avance mais fais-le dans l'ordre, point par point. Ca prend env 3 min. et ca vaut la peine. Prends d'abord une feuille et un crayon.

CONSIGNES:
Quand tu choisis les noms, sois sûr que ce sont des personnes que tu
connais
et fais-le d'après ton premier instinc .Descend ligne par ligne. Ne lis pas en dessous, tu gâcheras tout le fun parti
1. Ecris les chiffres de 1 a 11 dans une colone
2. A côté des chiffres 1 et 2, écris 2 nombres aux choix
3. A côté des chiffres 3 et 7,inscrit le nom d'une personne de sexe opposé (noms differents )
Ne regarde pas trop bas ou ca ne marchera pas. Avance point ,par point...
4. Ecris le nom de n'importe qui (par ex.: amis, famille) à côté des chiffres 4, 5 et 6. (noms differents)
Ne triche pas ou tu regretteras
5. Ecris quatre titres de chansons en 8, 9, 10 et 11
6. Finalement, fais un voeu Ici est la clef du jeu

RESULTAT :
1.Tu dois parler de ce jeu à un certain nombre de personnes (le nombre qui est à côté du 2).
2. La personne en place 3 est celle que tu aimes.
3. Celle en place 7 est quelqu'un que tu apprécies beaucoup mais avec qui ça ne marche pas.
4. La personne que tu as mise en 4 est qqn à qui tu tiens vraiment beaucoup .
5.La personne que tu as nommée en place 5 est celle qui te connait très bien
6. La pers. que tu as inscrite en 6 est ta personne porte-bonheur
7. La chanson en 8 est celle qui s'associe avec la personne en 3.
8. Le titre en 9 est la chanson pour la personne en 7
9. La chanson en 10 est celle qui t'en dit le plus sur ton esprit
10. La chanson en 11 est celle qui révèle tes sentiments par rapport à la vie.

Mets cela sur 10 blogs dans l'heure qui suit ta lecture de ce mot. Si tu le fais ton voeu se réalisera. Si tu ne le fais pas, ça deviendra l'inverse ! Sacrément bizarre... Mais ça à l'air de marcher...
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