"The Departed" ("Le Infiltrés") : la mort des Affranchis...

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Matt Damon et Leonardo DiCaprio. TFM Distribution

Est-il possible d’être fan des films de Martin Scorsese (un peu moins des derniers) et d'être rebutée par «The Departed», un film que j’ai pourtant vu deux fois et devant lequel je n’arrive pas à me sentir concernée par ce qui est montré à l’écran… Mon billet sera court, compte tenu de la foule d'avis élogieux déjà en ligne qui dissèquent le film...

Bon, ça démarre fort avec les Stones en BO, on s’installe… Un petit garçon est corrompu par un caïd Costello (Jack Nicholson) qui le prend sous son aile, il ressort quelques années plus tard de l’école de police, c’est Matt Damon…

Après que Matt Damon ait été reçu avec les honneurs par ses supérieurs, c’est le tour de Leo di Caprio de passer dans le même bureau sauf que l’accueil n’est pas le même… Les deux hommes au destin superposable et inverse sont en présence dès le départ pour le spectateur : des jumeaux dont l’un aurait pu être l’autre et Scorsese utilise la ressemblance physique de ses deux acteurs comme pour dire qu’ils sont interchangeables dans une société sans valeurs…

Le principal point commun entre Matt Damon et Leo Di Caprio, tous deux policiers, c’est le caïd Costello, figure centrale autour de laquelle s'articule le destin des deux hommes dont on ne sait quasiment rien. Le premier (Matt Damon), flic ripou, infiltre la police pour le compte du caïd, le second (Di Caprio), flic pur et victime, infiltre la mafia de Costello pour le compte de la police. Leur second point commun, c’est le personnage surnuméraire d’une psy pour deux que se partagent les deux hommes. Je n’ai pas vu la version originale asiatique («Internal affairs») dont le film est un remake, transposé des triades de Hong Kong à la mafia irlandaise de Boston, mais je sais que ce personnage n’existait pas. Il faut dire que Scorsese n’a jamais été un expert en personnages féminins, excepté Sharon Stone dans «Casino» et encore celle-ci avait-elle fait le forcing pour avoir le rôle, avec une autre…

Dans ce casting en or, les seconds rôles tenus par Alec Baldwin, Mark Wahlberg sont carrément sous-exploités, c’est bien dommage car ce sont les meilleurs. En revanche, le personnage de Costello, outrageusement surjoué par Jack Nicholson, vampirise le film… Les nombreux dialogues très crus mais d’une grande banalité, lui sont servis sur un plateau, ce qui donne un côté introspectif et bavard au film vendu par la promo comme le sommet du film d'action…

Si les films de Scorsese observaient la séquence ascension, chute et rédemption, c’en est fini de la mythologie maffieuse, dans «Les Infiltrés», c’est le thème de la trahison qui est décliné sous toutes les coutures, au point qu’à la fin, on ne sait plus où donner de l’infiltré et ça fait beaucoup… Une fin dans le style «et le combat cessa faute de combattants…» Pour revenir à la mort de la maffia et de son code d’honneur, il demeure dans le film le thème scorsesien de la famille, les deux héros étant uniquement définis par rapport à leur famille : le père, l’oncle Jackie, le cousin, etc… Et le père spirituel corrompu que représente Costello/Nicholson dont Matt Damon est la marionnette et Di Caprio le jouet…

Pendant tout le film, on se sent extérieur aux personnages, indifférent à leur sort, avec un bémol pour Di Caprio qui sait être assez poignant mais de façon isolée, mais, en se raccordant au récit, on se fiche un peu de ce qui peut lui arriver : les rapports entre les personnages ne sont pas crédibles, pourquoi Matt Damon se laisse téléguider aussi docilement par Costello, pourquoi Di Caprio accepte de perdre son identité, quel bénéfice il tire de son statut d’infiltré dans la maffia, pourquoi quand il va voir la psy qui habite avec Matt Damon, elle est justement seule à ce moment-là, pourquoi Matt Damon est tout le temps seul dans son bureau à tirer les ficelles sans qu’on comprenne où est sa hiérarchie, les autres collègues protestant pour la forme… Pourquoi ils acceptent tout, pourquoi soudain ils n’acceptent plus… Dans ce Costello/Nicholson show, la place des infiltrés est le cadet des soucis d’un Scorsese en proie avec le désespoir de la mort d’un cinéma scorsesien, retour à la VO : le titre anglais, "The Departed", les défunts…

Lire mon billet sur l'avant-première du film à Paris en octobre...

Di Caprio au Grand Rex à Paris le 10 octobre 2006 : Photo Hugo Mayer/blog AlterHugo





Publié dans Films 2006

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