"Une Vieille maîtresse" : passion froide (+"Tehilim")

Publié le

"UNE VIEILLE MAITRESSE" de Catherine Breillat


La marquise de Flers, charmée par le libertin Ryno de Marigny, s’apprête à lui donner sa petite-fille Hermangarde en mariage quand sa vieille amie la comtesse d’Artelles, mise au courant par le vicomte de Prony, vient la mettre en garde : ce Ryno de Marigny entretient depuis dix ans une liaison avec une courtisane espagnole, la Vellini, dite "sur le retour" (36 ans..).

La marquise de Flers convoque alors le beau jeune homme qui plaide coupable et lui raconte ses dix ans de passion avec la Vellini pendant toute une nuit. Nostalgique du libertinage du XVIII° siècle, la vieille dame, émoustillée, se délecte du récit, vautrée sur un sofa en bottines de soie rose, et en redemande. Quand le récit est terminé, les craintes de la marquise de Flers pour l’avenir de sa petite-fille sont confirmées mais, au contraire, elle semble rassurée par la confiance tactique du jeune homme. La vieille débauchée vivra donc cet amour impossible pour son grand âge par procuration en lui faisant épouser la pure Hermangande.

Le film démarre avec les potins des deux vieux amants que sont la Comtesse d’Artelles et le vicomte de Prony qui ont remplacé les plaisirs de la chair par ceux de la table. Puis, Ryno de Marigny, précédé par le vicomte de Prony, se rend chez la Vellini pour lui faire ses adieux et il lui dit cette phrase d’une cruauté inouïe : «on ne remplace pas quelqu’un qu’on aime par quelqu’un qu’on aime plus».

Flash-back sur la rencontre de Ryno avec la Vellini : la première partie du récit de la passion n’est pas très convaincante : Ryno est attirée par la sauvagerie de cette femme panthère qui le rejette et le nargue, apparemment… A l’occasion d’un duel avec le vieux mari anglais de la Vellini, Ryno est blessé à mort, c’est le début de reddition de la Vellini qui décide d’aimer Ryno comme on part à la guerre. Catherine Breillat prend alors les choses en main, pour pigmenter cette passion froide peu communicative pour le spectateur, elle l’ensanglante : scène où la Vellini vient lécher le sang de la blessure de Ryno et d’autres scènes de sang. Puis, elle va encore plus loin, le point de rupture de la passion entre les deux amants ou le point de départ de leur passion vraie se situe en Algérie : sur un morceau de désert assez irréel inséré dans le film, Ryno et la Vellini enterrent leur enfant mort et la panthère blessée va violer en quelque sorte le féminin Ryno qui ne s’en remettra pas : désormais, ils se haïront ou joueront à se haïr, comprenant que le pouvoir érotique de la haine est bien supérieur à celui des bons sentiments.

Catherine Breillat a dit clairement que contrairement à ses précédents films, elle s’identifiait au personnage masculin, Ryno de Marigny, pourvu d’une beauté féminine mais non efféminée : elle a cherché toute sa vie cet acteur à la beauté Raphaëlienne et elle l’a trouvé : Fouad Ait Aatou est un dandy comme Catherine Breillat se définit elle-même. Car pour la réalisatrice, Asia Argento possède une beauté virile imputable à sa force. La Vellini va tout abandonner pour Ryno de Marigny en feignant la révolte alors qu’il va tout lui prendre en lui déclarant un amour fou. Elle est sacrificielle et forte, il est fragile et égoïste, mais leur point commun, comme à toute cette société aristocrate du XIX°, c’est l’ennui des jours oisifs qu’il faut pigmenter …

Les personnages secondaires font vrais, vieilles poupées avachies aux traits flasques trop maquillés, Michaël Lonsdale est confondant dans ce rôle de libidineux triste qui s’égaye de potins venimeux, la débutante Claude Sarraute est un peu scolaire mais charmante en poupée de satin usée, vieille enfant ludique jamais grandie sous ses rides et ses dentelles, et Yolande Moreau, vue pour la première fois dans ce type de rôle en costume, est naturelle et convaincante. S’agissant de l’icône Asia Argento, elle est incandescente en andalouse rouge et noir fumant le cigare, accroche-cœurs provoquants sur le front, regard de braise, mais gagne davantage à être regardée qu’écoutée car elle marmonne en français, ce qui donne un discours assez monocorde. Quant à Roxanne Mequida, teinte en blond jaune laqué et le pubis totalement épilé, ça ne colle pas, on a vraiment du mal à croire à la jeune fille virginale… Et Ryno/Fouad Ait AAtou, la merveille de Breillat ? Il semble qu’il soit comme elle l’a rêvé, d’une beauté irréelle de jeune fille sensuelle…

11ième film de Catherine Breillat, elle dit avoir voulu clore un cycle. Ayant été victime d’une attaque qui l’a laissé semi-paralysée, cela l’aurait-il influencée, quand on le lui demande en conférence de presse à Cannes, elle répond que le chiffre 11 est celui de l’hémiplégie ( ? ? ?). Dans tous les cas, elle convoque les actrices de films précédents en guest stars : Amira Casar en cantatrice, Lio en courtisane, Anne Parillaud en femme du monde à l’opéra. Car c’est à l’opéra que les tous les protagonistes du drame sont en présence, exhibés par paquets chacun dans leur loge à épier l’autre à la jumelle, une société exhibitionniste où on se montre pour mieux tricher ensuite avec les usages, se cacher…

Je suis dubitative à propos de ce beau film froid sur une passion brûlante, si on a rien à lui reprocher et tout à louer, il manque cependant quelque chose, l’imperfection, peut-être, quelque chose de plus humain …

"TEHILIM" de Raphael Nadjari


Comme j’ai vu les deux films le même jour, j’en profite pour dire un mot sur ce film squelettique et opaque auquel je n’ai pas compris grand chose.

Dans le Jerusalem d’aujourd’hui, une famille composée des parents et des deux fils prend un repas en semble, les deux frères se disputent gentiment. Le lendemain, le père emmène ses deux fils en voiture à l’école, les deux frères se disputent encore, puis, c’est l’accident, filmé très sobrement, presque abstraitement. Le fils aîné est envoyé chercher du secours par son père, le plus jeune étant blessé. Quand il revient avec la police et l’ambulance, le père a disparu.

Le film démarrant avec un groupe d’hommes étudiant le Talmud, après la disparition du père, le grand-père et l’oncle, pratiquants tendance conservateurs, viennent d’autorité former un cercle de prières à la maison pour créer un lien autour du père, ce qui n’est pas du goût d’Alma, la mère, plus réformiste, qui aimerait être seule pour éponger son chagrin. Les soucis s’accumulent, le père n’ayant pas été retrouvé mort, il n’est mort ni pour la religion ni pour la police, le deuil n’est donc pas autorisé, en revanche, son compte bancaire est bloqué et Alma a du mal à joindre les deux bouts. Les deux fils, déboussolés, errent de leur maison à celle de la famille paternelle, tentant de se raccrocher, en cachette de leur mère, aux psaumes (Tehilim) du grand-père pour retrouver au moins mentalement la trace de leur père. Mais l’aîné, peu rodé aux pratiques de la religion, ne comprend pas comment intégrer les prières à la vie de tous les jours et mécontente tout le monde…

Film austère à petit budget, tourné en numérique avec une image ingrate mais un cadrage soigné, cette parabole sur le deuil dont tous le personnages sont symboliques en fait sûrement le film de la compétition cannoise le moins spectaculaire et le moins démonstratif (le moins cinématographique aussi?) Nous étions 5 dans la salle…



Publié dans Cannes2007compétition

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Bonjour je me prénomme nadia mère de 3 enfants. Je vivais à briouze avec mon mari, quand en 2018 il

décida d'aller en voyage d'affaire à Bresil , où il tomba sur le charme d'une jeune vénézuélienne et ne

semblait même plus rentrer. Ces appels devenaient rares et il décrochait quelquefois seulement et après du

tout plus quand je l'appelais. En février 2019, il décrocha une fois et m'interdit même de le déranger.

Toutes les tentatives pour l'amener à la raison sont soldée par l'insuccès. Nos deux parents les proches

amis ont essayés en vain. Par un calme après midi du 17 février 2019, alors que je parcourais les annonce

d'un site d'ésotérisme, je tombais sur l'annonce d'un grand marabout du nom ZOKLI que j'essayai toute

désespérée et avec peu de foi car j'avais eu a contacter 3 marabouts ici en France sans résultât. Le grand

maître ZOKLI promettait un retour au ménage en au plus 7 jours . Au premier il me demande d’espérer un

appel avant 72 heures de mon homme, ce qui se réalisait 48 heures après. Je l'informais du résultat et il

poursuivait ses rituels.Grande fut ma surprise quand mon mari m’appela de nouveau 4 jours après pour

m'annoncer son retour dans 03 jours. Je ne croyais vraiment pas, mais étonnée j'étais de le voire à

l'aéroport à l'heure et au jour dits. Depuis son arrivée tout était revenu dans l'ordre. c'est après

l'arrivé de mon homme que je décidai de le récompenser pour le service rendu car a vrai dire j'ai pas du

tout confiance en ces retour mais cet homme m'a montré le contraire.il intervient dans les domaines

suivants

Retour de l'être aimé
Retour d'affection en 7jours
réussir vos affaires , agrandir votre entreprises et trouver de bon marché et partenaires
Devenir star
Gagner aux jeux de hasard
Avoir la promotion au travail
Envoûtements
Affaire, crise conjugale
Dés-envoûtement
Protection contre les esprits maléfices
Protection contre les mauvais sorts
Chance au boulot évolution de poste au boulot
Chance en amour
La puissance sexuelle.
agrandir son pénis
Abandon de la cigarette et de l'alcool

voici son adresse mail : maitrezokli@hotmail.com vous pouvez l'appeler directement ou l 'Ecrire sur

whatsapp au 00229 61 79 46 97
Répondre
V
En voilà une bonne idée de futur article en effet On lit un peu tout et parfois son contraire sur le sujet !
Répondre
B
600 000 lectures ! Ca s'arrose, non ? :-)
Répondre