London To Brighton : misérabilisme british

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MK2 Diffusion

Ca n’arrive pas qu’aux autres… ce film est tellement flippant que j’ai failli plusieurs fois sortir de la salle… Une ambiance lourde comme du plomb de la première à la dernière image, exsudant de violence, d'angoisse et d'effroi, une descente aux enfers où les personnages n’en ont jamais fini de descendre.

Kelly, la face tuméfiée et Joanne, la bouche barbouillée de rouge, fuient, la première enferme la seconde dans des toilettes crasseuses et s’en va chercher de l’argent pour le train en se prostituant. La paupière gonflée et quasiment fermée par les coups n’empêche pas Kelly de trouver un client, au contraire, semble dire le réalisateur, les perversions de certains clients sont sans limites et échappent au rationnel.

Pendant ce temps, un certain Derek, beau mec usé par la misère et la corruption, promenant son regard vert à la fois désespéré et impitoyable, est convoqué par Stuart Allen, au physique british décadent d’un David Bowie, fils de Duncan Allen, un riche client maffieux. L’homme est terrifiant, à la fois compassionnel (un peu) et sadique, portrait ambigu s’il en est dont on va tirer le meilleur parti à la fin de l’histoire (surprenante). Stuart le tueur s’enquiert de savoir si son père a encore reçu une prostituée à domicile, on comprend que le vieux truand aime les filles très jeunes. Sommé par Stuart de lui livrer les responsables de ce qui est arrivé à son père (on ne sait pas encore exactement quoi), un coup de rasoir assené par Stuart dans le creux du genou de Derek, en fait un infirme. C’est dans cet état qu’il va devoir se traîner à la recherche des deux filles.

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Dans le train qui les mène à Brighton, Kelly, la plus âgée, environ 20 ans, bichonne Joanne, 12 ans, comme une petite sœur. La gamine s’extasie sur la campagne, les vaches. Arrivées dans un Brighton hors saison aux façades blanches immaculées et fermées pour l’hiver, aux rues désertes et inhospitalières, Joanne veut voir la mer. Seul moment de répit du film de courte durée, ce passage du noir au blanc avec la peur d’être repérées d’une minute à l’autre par Derek, le proxénète de Kelly qui la harcèle de messages sans réponse sur son portable. Kelly emmène Joanne chez une amie où elles pourront se laver. Dès que Karen, l’amie ouvre la porte, les ennuis sont latents avant même d’avoir commencé. La fille est visiblement défoncée, réveillée en sursaut, elle va se recoucher à l’étage, dans le living, des adultes vautrés regardent la télé dans le désordre d’un lendemain d’orgie. Retour de l’ambiance glauque au sein de la ville blanche.

Le récit s’interrompt de temps en temps de fragments du drame, de ce qui s’est passé avant le début du film, flash-backs habilement coupés pour y revenir ensuite et ajouter à chaque fois une note pire que la précédente, on en vient rapidement à craindre le flash-back suivant… Plaidoyer habile contre la prostitution pédophile, le film brasse nettement plus large en montrant un Londres crade et miséreux, vérolé par les trafics en tout genre, dont le no future s’affiche à chaque plan. Drame social d’une violence extravertie où le parti pris est de montrer, peu de choses sont épargnées au spectateur. L’arrivée de Derek et son complice à Brighton va encore élever d’un cran le seuil de résistance du spectateur, pris en otage à prier qu’on l’épargne, aussi… C’est dire si le film est efficace…

Le poids de cette l’histoire c’est que les bourreaux sont aussi des victimes même si ils font plus horreur que pitié. Le misérable Derek, lâche et prêt à tous les crimes pour de l’argent, baratinant, en bon mac, les prostituées sous sa coupe pour les renvoyer sur le trottoir, est lui-même un raté, un exclu, un minable. Quand le riche Stuart arrive en limousine dans son quartier, il sera étonné «comment peut-on vivre ainsi?» … L’endurance et le courage de Kelly, la rousse, jeune femme au physique banal dont on ignore le passé, sont bluffants, cette fille n’a jamais la moindre compensation, le moindre geste humain de personne, abusée, menacée, frappée, prostituée, maltraitée, tentant malgré cela de se racheter avec ses moyens auprès de la petite Joanne qu’elle a entraîné dans une galère mais avait-elle encore le choix ?

Un film coup de poing avec le défaut d’être misérabiliste plus que réaliste, cédant souvent à la tentation de l’exhibition. Avec un acteur jouant Derek, qui ressemble à s’y méprendre (la voix aussi) à Pascal Olmeta…

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Publié dans Films 2007

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