HORS DE PRIX : Palaces et dépendances

Publié le



Audrey Tautou. TFM Distribution

La fascination pour l’univers VIP, dont les individus soudain promus people sont les emblèmes, sortes de dieux païens qui possèdent ce que n’ont pas le commun des mortels, amène l’univers des comédies dans le luxe des palaces, le paradis fermé par excellence, c’était déjà le cas de «Quatre étoiles» avec Isabelle Carré et José Garcia. Le schéma est toujours le même : on injecte deux héros désargentés qui font semblant d’être riches parmi une clientèle de milliardaires blasés dans un univers luxueux où, s’ils n’avaient pas quelques qualités de débrouillardise, ils ne passeraient pas la porte. Dans «Hors de prix», on pigmente l’histoire d’une reconversion d’un barman en gigolo pour demeurer dans le même palace que la jeune femme vénale qu’il aime… Gad Elmaleh promène des chiens pour le compte de quelques riches et vieilles clientes oisives de l’hôtel, c’est la première scène, filmée de guingois, où on voit passer un uniforme vert, des bras, des laisses, le tout tendant à montrer que GE est entraîné en avant par la petite meute. En alternance, des gros plans de boucles d’oreille en diamants, de sandales dorées Chanel, de carte Amex Platine, indiquent la mise en place du second personnage : Audrey Tautou se faisant offrir son shopping de luxe par un vieux milliardaire.

Gad Elmaleh. TFM Distribution
 

Barman de garde un soir dans le palace de Biarritz où il est employé, Jean Simon/GE, entraîné à boire par le seul client du bar, s’endort sur un fauteuil après son départ. Réveillé en sursaut par Irène Mercier/AT qui le prend pour un client, il n’ose pas démentir. Cette dernière, déçue par l’endormissement prématuré de son compagnon le soir de son anniversaire, est descendue se consoler au bar. De péripéties en situations vaudevillesques, un an plus tard, Jean et Irène se retrouvent à Monaco où le pauvre tente vainement d’entretenir la jeune aventurière qui le ruine rapidement par son train de vie hors de prix. Sur le point d’être viré de l’hôtel, Jean est recueilli par une femme âgée qui l’entretient comme gigolo pendant qu’Irène a retrouvé de son côté un mécène. Ce qui est finement observé dans ce vaudeville, c’est l’absence de méfiance de la jeune femme pour un homme éperdument amoureux d’elle mais qui n’a pas d’argent, AT joue très bien cet étonnement qu’a son personnage à ressentir des bribes de sentiments qu’elle ne connaît pas.

Le film n’est pas exempt d’une série de clichés, les riches sont vieux et (donc) moches, le personnel des palaces est obséquieux et hypocrite, les marques pleuvent comme dans le numéro spécial mode de « Elle » : nombreux plans de paquets griffés posés sur la moquette des chambres, les étiquettes à plusieurs zéros, etc… AT, filiforme, est habillée comme une princesse moderne du Rocher… bronzée, bouclée, parée… de robes du soir décolletées en satin gris ou blanc et bretelles dorées, sac et chaussures dorées. GE conserve son emploi de gentil ringard au superbe regard bleu écarquillé qu’il avait déjà dans « La Doublure ». Les gags ne sont pas toujours légers et l’analyse du microcosme des palaces est nettement plus cruelle qu’il n’y paraît, peut-être trop pour une comédie ou pas assez pour une analyse de société. Cependant, la mythologie VIP diffusée par les médias et la surconsommation de produits griffés, par quelques unes les arborant comme les trophées des vainqueurs (Paris Hilton et Nicole Richie attitude), est assez bien épinglée, «tu as envie de quoi?» «d’un sac à main»…

Gad Elmaleh et Audrey Tautou. TFM Distribution

S’agissant de l’opposition jeune/vieux, Irène a cette phrase clé «tu as l’arme fatale, tu as la jeunesse» et certaines scènes entre GE et sa généreuse protectrice, dont une visite chez un chirurgien esthétique, sont plus pathétiques que drôles. L’emploi de Jacques Spiesser (contemporain de Francis Huster) dans le rôle d’une des vieilles proies d’Irène est surprenant, il n’y a pas si longtemps, il jouait les jeunes premiers…

Dans l’ensemble, c’est un film plaisant à regarder, moins fin et pétillant que «Quatre étoiles», souffrant d'un tassement rapide du rythme, avec une jolie histoire d’amour malgré tout et des interprètes au sommet de leur popularité qui devraient plaire à la majorité.

Gad Elmaleh. TFM DistributionAudrey Tautou. TFM Distribution



Publié dans Films 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Thesis writing servicesI really like your modern fashionable ideas which you have shared about designing.. This blog provide exceptional and exact information for which I was searching..
Répondre
V
Ce qui est finement décrit c'est l'étonnement d'AT devant ses sentiments, cet amour qu'elle a pour GE l'agace, elle se demande ce qu'il lui arrive, c'est très bien joué...
Répondre
V
Je n'ai pas trouvé la marque des robes à bretelles en corde (très belles) d'AT si ce n'est qu'elle va chez Chanel dans le film...
Répondre
P
chouetteTrès belle comédie, tres rafraichissant avec une Audrey Tautou et un Gad Elmaleh plus en forme que jamais! L'amour sortita toujours vainqueur n'est ce pas ^^
Répondre
T
Qui connait la marque des robes d'audrey.?Si quelqu'un connait la marque des superbes robes avec cordage en guise de bretelles, merci de me passer l'info

excellente comédie à 2 acteurs

Thierry
Répondre